Les femmes qui paient chair

Josée, dans la trentaine, est mariée depuis sept ans à un homme sexy mais plutôt conventionnel. Même si sa relation maritale la satisfait, elle a toujours caché à son époux son désir d’une relation sexuelle avec une autre femme. Pour réaliser son fantasme, Josée a fait appel à une agence de rencontre qui offre des services très spéciaux.

 

Hélène est une professionnelle de quarante-deux ans qui, malgré une grande timidité, s’est taillé une place enviable sur le marché du travail. Quoique le temps n’ait pas encore exercé de ravages sur sa beauté, Hélène demeure célibataire et éprouve d’énormes difficultés à se faire des amis. Pour avoir le plaisir de sortir accompagnée dans les restaurants et les discothèques, elle a recours aux services d’une agence d’escorte où elle a découvert des hommes avec qui elle se sent à l’aise.

femme coquineCécile, quant à elle, est une plantureuse femme de vingt-sept ans, joviale et dotée d’un sens de l’humour exceptionnel. Elle n’a aucun problème de relations interpersonnelles, et ses amis des deux sexes l’adorent. Sa forte taille jumelée à un visage peu conforme aux canons de la beauté traditionnels l’empêchent cependant de trouver un amant empressé de la satisfaire. Bouillante de vie et de désirs, Cécile fait appel aux services d’une agence de rencontre où elle peut trouver, moyennant certains frais, un homme toujours disposé à la combler.

 

Ces trois exemples, rapportés par des professionnels de la prostitution, résument les situations les plus courantes, où des femmes cougar parcourent les petites annonces pour trouver une personne pouvant leur offrir ce qu’elles ne trouvent pas ailleurs.

 

Mais qui sont ces femmes cougar?

Ces femmes qui, comme Josée, Hélène et Cécile, se paient une relation sexuelle ou seulement un peu d’affection ne sont pas vraiment différentes de celles que nous côtoyons tous les jours. Disons qu’en général, elles ne dépassent pas la cinquantaine, se situant en moyenne entre 20 et 45 ans.

 

Jean-Pierre, propriétaire d’une agence de rencontre à Québec et d’une autre à Montréal, se dit vraiment surpris de l’âge des clientes, « c’est différent de ce à quoi je m’attendais quand j’ai commencé », nous dit-il. Elles appartiennent à toutes les classes sociales – quoique les femmes provenant des classes moyennes et élevées soient plus nombreuses – et il en vient de tous les statuts civils: mariées, célibataires, divorcées. La plupart sont très jolies et plutôt gentilles, quoiqu’il y ait aussi un certain nombre de femmes obèses ou moins attrayantes. Plusieurs résident en ville où elles accèdent facilement aux services de prostitution, mais beaucoup d’entre elles viennent de l’extérieur, soit à l’occasion d’un voyage d’affaires ou sous quelqu’autre prétexte.

 

Jimmy est un charmant jeune prostitué très enthousiaste et dynamique qui travaille à son compte et se fait connaître par le biais des petites annonces. II a accordé beaucoup de son temps pour répondre à nos questions. Il explique que la majorité de sa clientèle est constituée par de belles femmes plutôt timides réclamant surtout de l’affection, mais qu’elles ne font pas appel à ses services de manière régulière. Il a aussi affaire à des femmes moins jolies qui exigent surtout une relation sexuelle et qui, si satisfaites, deviennent des clientes fidèles. « Ce sont, précise-t-il, des femmes qui n’ont, en général, pas de problème pour se faire des amis, mais qui ont de la difficulté à trouver des amants. »

 

On s’aperçoit qu’à Québec la clientèle est sporadique, tandis qu’à Montréal elle est beaucoup plus régulière. « À Québec, tout le monde connaît tout le monde », explique Jimmy qui considère la situation comme étant socialement prévisible. « Les femmes cougars tiennent à garder l’anonymat et vont probablement d’un prostitué à l’autre pour éviter de se faire reconnaître. C’est pourquoi elles ne deviennent jamais des clientes assidues, comme le sont leurs homologues de Montréal. »

 

Michel, directeur d’une agence de rencontre d’une certaine envergure, croit que la régularité de la clientèle féminine dépend plutôt du service reçu et de la personne qui le donne. « Si elles sont contentes, les femmes reviennent, confirme-t-il. Elles peuvent essayer plusieurs personnes avant d’en trouver une à leur goût. Lorsqu’elles recherchent une fille et qu’elles en trouvent une propre, belle, sensuelle, qui comble leurs désirs et qui leur plaît, elles rappellent au même endroit et demandent celle-là en particulier. »

 

Quelles sont leurs motivations ?

Qu’est-ce qui motive des femmes comme Josée, Hélène et Cécile à aller jusqu’à payer pour obtenir ce qu’elles recherchent? Les très jeunes femmes qui font appel aux services de prostitués veulent presque exclusivement de la compagnie. Daniel, jeune prostitué professionnel de Québec qui s’annonce dans le journal comme un « super beau jeune garçon musclé », relate qu’un groupe d’étudiantes l’ont engagé, en se partageant les frais (de 100 à 150 $ pour une heure de danse), uniquement pour le voir danser lors d’un party.

 

hommeJeff, sympathique jeune prostitué de 19 ans qui offre des services de massage sous la rubrique « agences de rencontre », nous confie que 65 % de ses clientes l’engagent pour leur tenir compagnie au restaurants, pour les accompagner à une soirée et même pour magasiner avec elles. II concède que certaines désirent un plan cul, mais il corrobore que les femmes réclament surtout de l’affection. « Les très jeunes clientes recherchent un type d’homme qui leur plaît vraiment, elles se paient littéralement l’homme idéal », estime Jean-Pierre qui s’annonce disponible « pour danse, party, massage ». Nous voici bien loin du vieux mythe de la femme d’un certain âge qui entretient un jeune gigolo à seule fin qu’il apaise ses envies sexuelles.

Les clientes plus âgées se comportent souvent comme des femmes cougars / sugar mommys très gentilles et très généreuses. Elles ont pour eux de petites attentions : une bouteille de vin ou une invitation au restaurant. Jimmy nous rapporte une aventure particulièrement agréable :  » Une dame m’avait téléphoné pour une rencontre et m’emmena une semaine en vacances. Elle m’a beaucoup gâté en m’offrant toutes sortes de choses sans que j’ai à les demander.  » La relation peut aussi prendre une saveur oedipienne :  » Elles peuvent parfois se montrer possessives, mais un peu comme si on était leur fils », précise Jimmy.

 

Daniel, Jeff, Michel, Jean-Pierre et Jimmy s’accordent donc tous pour dire que les femmes qui ont recours à leurs services recherchent avant tout un moment de tendresse. Elles demandent de l’affection bien plus que du sexe. Jimmy, qui semble désirer apporter un réconfort à ces femmes, nous révèle que « leur décision parait surtout motivée par un manque de communication et un besoin de divertissement, pas tellement par un besoin de sexe. Elles ne sont pas heureuses et nous racontent leur vie ». II déplore la situation de ces femmes qui proviennent parfois d’une classe sociale très élevée. On y rencontrerait même des épouses de ministres.

 

La solitude serait la grande instigatrice de cette recherche d’affection, mais, grâce à son émancipation économique, la femme peut désormais remédier à ce mal pesant. Dans la société moderne, on rencontre de plus en plus de gens isolés. Il y a un très grand nombre de femmes qui se retrouvent seules. Parfois, il s’agit d’un choix; mais souvent, elles subissent leur isolement. Dans les deux cas, cela peut les amener à payer pour obtenir des services sexuels.

 

Les femmes cougars ont non seulement plus d’argent de nos jours, mais elles se sentent aussi moins touchées par les préjugés. Le phénomène des femmes qui ont recours aux services de la prostitution se compare à celui des hommes dans le même cas; leurs motivations ne doivent pas être différentes de celles des hommes, mais elles obéissent à la sexualité féminine, et s’entourent d’une toute autre mise en scène.

 

Il est possible de comprendre ces motivations: certaines femmes ne veulent pas s’impliquer de manière émotive. Elles peuvent aussi avoir connu de mauvaises expériences avec les hommes et préférer le contact moins compromettant du prostitué. Par ailleurs, certaines femmes essaient ce genre de relations par simple curiosité, pour tenter l’expérience.

 

Elles se sentent embarrassées

 

La sollicitation féminine ne se démarque pas uniquement par sa motivation, mais aussi par l’attitude et la manière d’exprimer ses besoins. « Contrairement à l’homme décrivant explicitement ce qu’il désire sexuellement lorsqu’il téléphone, la femme procède de façon indirecte, explique Daniel. Elle demande qu’on lui donne un massage ou elle vous invite au restaurant, mais elle ne parle pas immédiatement de ses désirs.

 

Sa demande s’avère biaisée, voire romantique. » « Les femmes posent timidement et maladroitement leurs questions au téléphone, nous dit Michel, elles semblent embarrassées, surtout lorsqu’elles veulent « essayer » une femme pour la première fois. Ce n’est qu’après plusieurs appels du même genre qu’elles se sentent plus à l’aise.

 

Lorsque la conversation téléphonique cède la place à la rencontre face à face, là gêne est toujours là et ne disparaît qu’une fois la communication bien établie. L’embarras du début devient alors rapidement de la confiance. Benoît travaille dans une agence de Montréal qui propose ses différents services tant aux femmes qu’aux hommes. Il nous dit que: « En général, on les sent troublées au début, mais après une vingtaine de minutes, tout va bien. La discussion prend même un ton familier. »

 

Cependant, il arrive que la timidité, ou peut-être le remords, fasse parfois renoncer à l’expérience avant même qu’elle n’ait commencée. « Certaines femmes ayant fait appel à nos services, continue Benoît, s’empressent de payer la personne lorsqu’elle se présente, pourboire inclu, et lui donne immédiatement son congé. »

 

Fantasmes féminins

 

femme mûreMême si la plupart de ces femmes recherchent surtout de l’affection, de la compagnie et de la communication, certaines font plus volontiers part de leurs exigences sexuelles. À Montréal, la recherche d’une relation sexuelle semble plus fréquente et plus ouverte, quoiqu’on s’accorde pour dire que les clientes y réclament aussi de l’affection. Pour Michel, si les demandes prennent une connotation sexuelle, c’est que « ces femmes ne sont pas entièrement comblées et vont chercher ailleurs ce qu’elles ne trouvent pas à la maison ».

 

Les fantasmes s’avèrent de tout ordre. Benoît a dû répondre quelques fois à des demandes à tendances masochistes. Par exemple, celles d’une femme qui exigeait d’être fouettée, frappée et injuriée. Ils peuvent aussi être à tendances sadiques, comme le démontre l’aventure de Jeff: « Une femme voulait me battre. J’ai discuté avec elle afin de l’en dissuader, mais elle m’a répondu qu’elle m’avait payé, qu’elle ne voulait pas me frapper durement, qu’elle voulait seulement « voir ce que ça fait ». J’ai finalement accepté.

 

Au début, elle n’y allait pas très fort, mais ensuite, elle s’est mise à cogner brutalement et elle m’a fait mal. Ses coups ont même laissé des marques. » Les fantasmes visent parfois plus simplement à satisfaire une certaine curiosité, comme l’illustre bien une autre aventure de Jeff, plus agréable celle-là: « Deux jeunes filles hétérosexuelles de 19 ou 20 ans, nous rapporte-t-il, voulaient les services d’un homme pour tenter l’expérience de faire l’amour à trois ».

 

Un autre fantasme assez répandu concerne l’homosexualité. Quoique la majorité des clientes fassent appel aux services d’un homme, certaines requièrent plutôt les services d’une femme, probablement pour combler une tendance bisexuelle difficilement avouable dans leur milieu, ou encore pour essayer une nouvelle expérience. II arrive fréquemment qu’une femme mariée, mais néanmoins lesbienne, comble ses besoins spécifiques en faisant appel à des prostituées. Les expériences vécues par ces filles au contact des clientes – la plupart du temps gentilles mais parfois exigeantes – peuvent dans certains cas nourrir leurs angoisses.

 

Ayant été appelée par un couple, une jeune prostituée de l’agence A.D.P. eut, en arrivant, une désagréable surprise. La femme, voulant la garder pour elle seule, l’enferma dans la salle de bains. Elle l’y laissa un long moment pendant qu’elle essayait de se débarrasser de son mari en l’envoyant sur le balcon. Malgré la peur qui l’envahit, la jeune fille réussit finalement à convaincre la cliente de la laisser partir. Cette toute jeune personne se trouvait dans un état dépressif consternant lors de l’entrevue. Elle souhaiterait quitter ce métier, mais ne voit pas d’issue à ses problèmes économiques, sociaux et émotifs.

 

Dans certains cas, des femmes font appel aux services d’un couple pour réaliser, cette fois, un autre genre de fantasme. « II est facile pour une femme de « lever » un homme dans un bar, mais il lui est plus difficile de trouver une femme ou un couple pour coucher avec elles « , nous explique le directeur de l’agence H. Les femmes n’osent pas avouer ces fantasmes à leurs amis et relations, les considérant comme inadmissibles dans le contexte amoureux, mais ces fantasmes les habitent tellement qu’elles vont se permettre de payer pour les réaliser. »

 

Pas dans la rue !

 

Comme Josée, Hélène et Cécile, les femmes qui cherchent à contenter leurs besoins de compagnie, de tendresse ou de contact physique prennent les moyens mis à leur disposition et « consomment » à partir des petites annonces. « Étant basée sur l’acte, la prostitution de rue n’attire pas beaucoup les femmes, explique Louise, une intervenante auprès des prostitués de rue. II est très rare de voir une femme choisir une fille de la rue pour se satisfaire de l’acte seulement. »

 

Pour apaiser leurs besoins, les femmes se fient aux rubriques journalistiques: « agence de rencontre « , « tout service spécialisé », « escortes, rencontres, etc. », à travers lesquelles s’annoncent les agences spécialisées dans les services d’escorte et de prostitution ainsi que des prostituées qui travaillent pour leur propre compte.

 

Un phénomène marginal

 

Une petite enquête auprès des personnes qui offrent des services sexuels démontre que la clientèle féminine représente un pourcentage assez minime de leur achalandage. Les femmes prostituées ainsi que les agences ne comprenant que des prostituées féminines n’attirent guère plus que 1 % ou moins de clientèle féminine, tant à Québec qu’à Montréal.

 

Les agences qui offrent les services de prostitués des deux sexes ainsi que les hommes prostitués indépendants vont chercher, à Québec, entre 1 et 5% de leur clientèle parmi les femmes. Cette proportion grimpe à des pourcentages variant de 6 à 40 % à Montréal. Force est de constater que le phénomène est beaucoup plus important à Montréal qu’à Québec.

 

Propriétaire d’une agence québécoise et d’une agence montréalaise, Jean-Pierre confirme qu’il y a plus de clientes à Montréal. « Les deux milieux sont très différents. À Québec, on se cache davantage. À Montréal, c’est plus ouverts « , explique-t-il. Pour sa part, sa clientèle féminine s’élève à environ 5 % pour la ville de Québec et varie entre 25 et 40 % à Montréal. Dans cette dernière ville, les gens craindraient moins les indiscrétions que leurs homoloques de Québec. Plus la ville est importante, plus l’anonymat est grand, alors on peut se permettre plus de choses. Mentionnons que le phénomène prend encore plus d’ampleur dans les capitales mondiales du sexe, telles Paris, Amsterdam et même Los Angeles.

 

Le phénomène de la femme réclamant un prostitué reste très marginal. II est relativement nouveau et semble s’inscrire dans la vague d’émancipation économique de la femme. De plus en plus de femmes désirant passer un bon moment sont prêtes à payer pour l’obtenir, et il en va de même de leurs besoins sexuels. Mais la mentalité des femmes ne semble pas avoir franchi la frontière qui sépare l’évasion exceptionnelle de l’habitude banale. « Les femmes se sentent coupables de ce comportement et pensent qu’elles vont être jugées, croit Daniel. Contrairement aux hommes qui n’hésitent pas à débourser, les femmes n’ont pas vraiment la mentalité de payer pour des services sexuels qu’elles peuvent souvent obtenir gratuitement. »

 

Pour comprendre, on doit tenter de voir la situation sous l’angle historique: dans la mentalité des femmes, il n’est pas « naturel » de payer pour obtenir des services sexuels. De tous temps, c’est plutôt l’inverse qui s’est produit. Les femmes ont l’habitude de voir les hommes les combler de cadeaux et les payer pour obtenir des faveurs sexuelles. Les rôles sociaux dans lesquels se confinent depuis longtemps hommes et femmes n’évoluent pas très rapidement, et encore moins au niveau des services sexuels. Plus une société évolue vers l’égalité sexuelle, plus elle est susceptible de voir surgir de pareilles manifestations. Notre vie sexuelle n’est pas régie uniquement par des critères amoureux, mais elle l’est aussi par le contexte social dans lequel nous évoluons, par les événements historiques et par l’économie.

 

homme jouetLe besoin d’interaction humaine sera toujours la motivation principale, mais il est régi par l’économie, la société, la culture, les tabous, les rôles des hommes et des femmes, les stéréotypes, etc. Lorsqu’on se demande pourquoi le phénomène des femmes ayant recours à des prostitués demeure aussi marginal, on se rend rapidement à l’évidence que les services offerts ne correspondent pas exactement à ce que les femmes recherchent. Les hommes qui se prostituent sont habitués à répondre aux demandes presque exclusivement sexuelles de clients masculins.

 

Une agence qui offrirait les services d’hommes sachant donner aux femmes ce qu’elles recherchent et comprenant leurs besoins véritables, sans se montrer arrogants sexuellement, aurait probablement du succès. Prenons l’exemple de l’agence H: elle offre un service d’agence de rencontre (à connotation sexuelle) dont la clientèle féminine n’est que de 3 à 5 %, et un service d’escorte (accompagnement) dont la clientèle féminine représente 50 % de la clientèle totale. La différence parle d’elle-même. Il reste à comprendre si ces femmes qui paient pour un peu d’amour sont victimes de leur affranchissement ou si elles jouissent tout simplement de leur indépendance.

 

Beaucoup de couples dans le coup

 

Sans atteindre les records de consommation de l’homme seul, la demande de services sexuels provient plus fréquemment d’un couple que d’une femme seule. Le phénomène se manifeste d’ailleurs deux fois plus à Montréal où, en moyenne, 10 à 30 % des clients sont des couples (60 % dans certaines agences) qu’à Québec où moins de 3 % et très rarement de 10 à 30 %, le sont. Ces couples appartiennent à toutes les classes sociales et sont assez jeunes, surtout dans la trentaine, même si l’âge varie entre 25 et 45 ans. Vanessa, de l’agence D, à Québec, rencontre ses clients dans les hôtels de luxe comme le Concorde.

 

« Ce sont souvent des gens de l’extérieur, particulièrement de Montréal, révèle-elle; lorsqu’ils viennent à Québec, ils en profitent pour agir incognito. » 

 

Dans la majorité des cas, ce sont des couples qui demandent les services d’une fille. « Ce cas est très fréquent, affirme Vanessa. En agissant ainsi, ils n’ont pas à se cacher l’un de l’autre pour faire ce qu’ils veulent. » II arrive quelques fois que le couple demande un homme ou un autre couple. « Parfois, c’est la femme qui veut essayer avec une autre femme, ou alors, c’est le mari qui veut essayer avec un autre homme, ça varie beaucoup », explique Annie de l’agence R.E. à Montréal.

 

« On trouve aussi beaucoup de couples qui tentent une expérience dans l’espoir d’arranger les choses entre eux », explique Momo de l’agence A. II mentionne, par ailleurs, que certains couples ne recherchent que de la compagnie, soit pour aller prendre un bain sauna, soit pour une croisière. Quant à Benoît, opérant à Montréal, son expérience lui a démontré que plusieurs couples veulent surtout observer un autre couple. On aura tout vu!